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Crise du logement: le profit des marchands de listes

Mercredi 17 Octobre 2012 à 18:32
Crise du logement: le profit des marchands de listes

Étant donné le contexte de crise actuel, il devient parfois difficile de se loger, en particulier pour les étudiants. Pas évident, en effet, de trouver sa place sur le marché de la location immobilière, surtout lorsqu'on est jeune et que nos moyens sont limités. Les marchands de listes l'ont bien compris, et tentent d'acheter les étudiants en échange de listes de bailleurs.

L'UFC Que Choisir a décidé de réagir, et dénonce des pratiques abusives.

Enquête sur le filon des vendeurs de listes.

 Une alternative aux agences immobilières

 Apparues dans les années 1970, les marchands de listes ont réussi à perdurer. Profitant de la crise du logement, ils commercialisent des listes de biens en location en échange d'une certaine somme d'argent. La formule est plutôt séduisante : ceux-ci promettent une mise en relation directe et professionnelle entre les candidats à la location et les bailleurs. Tout cela pour un prix inférieur à celui demandé par les agences immobilières (entre 150 et 450 €).

Seulement voilà, la réalité s'en trouve bien éloignée, et les agences ne semblant pas toujours tenir leurs promesses.

Les étudiants forment alors une cible facile d'accès pour ces marchands. Pressés de trouver un logement, porte-feuille compressé, les jeunes en quête d'un domicile sont les plus enclins à se faire avoir.

 Face à ce constat, l'association de défense des consommateurs «l'UFC Que Choisir» décide de porter en justice ces vendeurs de listes, et rend publics les résultats inquiétants d'une enquête sur le bien-fondé de leurs services et le respect de leurs engagements légaux.

Des pratiques abusives

L'UFC dépose ainsi plainte contre 13 enseignes (sur 15 étudiées) pour pratiques commerciales abusives et trompeuses.

En simulant la recherche d’un appartement pour un étudiant auprès de 18 marchands de listes, l'association a pu se rendre compte de la gravité du problème.

Elle dénonce ainsi le manque de transparence de ces agences, et accuse les vendeurs de listes d'entretenir une confusion auprès des consommateurs, les laissant penser qu'il s'agit d'une agence immobilière, en masquant leur activité réelle.

Autre constat scandaleux, la plupart de ces marchands de listes (89% d'entre eux) exigent d'être payés avant même d'avoir fourni le moindre document au client, ce qui est formellement illégal depuis 1994. En outre, soit-disant moins chers que les agences immobilières traditionnelles, ils demandent des sommes allant de 200€ à 450€, ce qui représente une part énorme des revenus mensuels d'un étudiant.

Par ailleurs, les critères demandés par les consommateurs concernant la taille du logement, le lieu de celui-ci ou encore le prix recherché, ne sont nullement pris en compte dans ces listes de biens. Aussi, suite à l'enquête de l'UFC, seulement 49% des locations proposées correspondaient à peu près à la demande initiale, soit moins de la moitié.

Pire, on retrouve sur ces listes des annonces diffusées gratuitement dans la presse locale, ou même sur internet !

Enfin, un exemple bien révélateur du peu de sérieux de ces vendeurs de listes : 3 des 4 biens pertinents de la liste fournie par l'APL location de Lyon n'étaient déjà plus disponibles 24h après l'achat de celle-ci.

Informations peu pertinentes, prix abusifs, négligence des consommateurs : les marchands de listes accumulent les fautes graves. Face à cela, l'association Que Choisir demande au Législateur un encadrement plus sévère de l'activité, grâce notamment à une vérification de la fiabilité des annonces, et une réactualisation quotidienne des fichiers d'informations fournis aux consommateurs.